EXPO du 4/02 au 8/04/2017 : Le recyclateur

OLIVIER PAULIN VON PERAV

Plasticien, peintre, cofondateur en 2000 du collectif pluridisciplinaire Peravprod, Olivier Paulin s’y est aussi improvisé éditeur. La ligne d’ensemble est une attitude : la dignité avec l’indigence.

Côté support, la récupération est de mise : « Les planches, glanées sur les chantiers, à Saint-Michel ou ailleurs, c’est du vol urbain, ça ne se fait pas trop ! » Il en rit, un peu gêné, et rectifie : « Mais c’est du ready made. Le matériau indigent, il faut le valoriser, le glorifier » – un vrai arte povera. Comme les Hérésies orange, inspirées du polar éponyme de Charles Willeford, les Martyrs sont de cet ordre : le terme, technique, désigne à l’origine le support utilisé par le menuisier pour la découpe. « Une forme d’archéologie du présent et une manière de peindre la douleur sans la représenter ». Du concept, donc, un minimum du moins, même si Paulin a longtemps rejeté le conceptuel, et le contemporain en général. Mais la plupart de son travail reste figuratif : « Je suis un peintre d’Histoire ».

L’édition, il l’a commencée avec des artistes : des petits fanzines, format 10×15, en photocopie. Quinze ans après, Paulin revoit la chose : le numérique, de nouveaux formats, toujours de petits tirages. Cinquante exemplaires, c’est «raisonnable et raisonné» : le pilon, ce n’est pas pour lui.

Elsa Gribinski